J’ai testé

Jean Etienne
La deuxième fois, j’ai changé d’hôpital

La première fois, c'était au sauna à Paris il y a 6 ou 7 ans. On baisait sous la douche et le préso a glissé, en fait il était resté dans mon cul. Après quelques minutes, j'ai demandé au mec qui m'avait pris s'il était positif ou négatif. Il m'a dit de ne pas m'inquiéter. Mais comme il ne parlait pas français, je ne pouvais pas demander facilement plus d'infos. J'ai préféré décider de faire un TPE. J'ai donc téléphoné à Sida Info Service. C'était un samedi vers 22h. Peut-être que c'est pour cela que la ligne d'appel ne répondait pas. Bien génant. Alors j'ai pris un taxi et j'ai filé au premier hôpital que je connaissais de nom, la Pitié Salpétrière. Aux urgences, j'ai été bien reçu et très vite. On m'a posé quelques questions, notamment s'il était possible de contacter mon partenaire pour lui faire un test. Mais bon c'était un inconnu de passage à Paris. Je ne lui avais pas demandé son adresse. Et ce n'est pas facile à demander. Donc le médecin m'a donné 3 jours de traitements et m'a dit de revenir le lundi pour faire un test et recevoir la suite du traitement. Là c'est devenu moins agréable. Car quand je suis revenu, la consultation avait lieu au centre de dépistage de l'hôpital. Et l'accueil n'était pas génial. J'étais très stressé. Quand c'est venu mon tour, je suis allé dans le bureau du médecin. Mais là on m'a dit que moi je ne venais pas pour un dépistage mais pour le TPE et que ce n'était pas la même consultation. Je m'étais trompé. Mais comment pouvais-je le savoir ? Rien n'était clair dans ce service. Des problèmes comme cela, il y en a eu plusieurs et je sais maintenant que je ne retournerai jamais là-bas si je prendre un TPE à nouveau. Le médecin était sympa mais le système un peu bordélique. 

Le traitement, ça allait plutôt bien. A l'époque on avait 3 prises par jour. A part la diarrhées il y avait la fatigue, mais pas trop. Bref, je pouvais continuer mon travail. C'était plutôt au niveau psychologique que ça m'a secoué. Je n'avais pas pris de risque ces dernières années et là le fait de prendre ces comprimés, c'est comme ci, enfin, j'étais devenu séropositif. Une drôle de sensation. 

Le médecin m'avait conseillé de voir un psy. Ca m'a aidé notamment pour me remonter le moral. Et j'ai lu des bouquins sur le sujet. C'était un peu plus clair dans ma tête. 

J'ai pris le traitement jusqu'au bout. Et ensuite c'était négatif. 

Par contre, ça m'est arrivé une deuxième fois, plusieurs mois après. Je ne sais pas trop pourquoi mais toujours est-il que j'ai pris un mec de rencontre sans capote. C'était bon et je n'ai pas pu m'en empêcher, mais ensuite, j'ai atterri et ai décidé de refaire un TPE. J'ai changé d'hôpital pour aller vers celui près la gare du Nord. Super accueil, et on me foutait la paix. On ne m'a pas fait la morale, je savais très bien ce que j'avais fait et je n'avais surtout pas envie qu'on me sermonne, d'autant plus que j'étais très inquiet. Là par contre j'avais un peu honte, et je n'en ai pas parlé à mon ami. La première fois, il m'avait soutenu. Pas une seule fois il m'a fait de reproches. Il a d'abord pensé à ma santé. La deuxième fois, il n'a rien su et je me suis arrangé pour qu'on ne prenne pas de risque. C'était facile car je partais pour un séjour à l'étranger. 

Par contre reprendre à nouveau un mois de traitement n'a pas été simple. Surtout la diarrhée qui fatigue pas mal. Au bout d'une semaine, j'ai décidé de limiter le traitement à une bithérapie. J'ai arrêté de prendre l'anti-protéase qui causait la diarrhée. Je m'étais renseigné sur l'internet et j'avais regardé les études faites sur le TPE. L'efficacité est certes meilleure avec une trithérapie, mais elle n'est pas beaucoup moindre en bithérapie. Je n'en ai pas parlé au médecin. Je pense que c'était préférable de prendre au moins une bithérapie plutôt que d'arrêter en cours de route. 

Un mois après la fin du traitement, j'ai fait le test et il était négatif. 

Jean Etienne




Chris
Malgré les nausées

Il y a quelques mois j’ai eu un accident de kpote. Le préso a craqué alors que je prenais un mec. Je savais que ça existait ce genre d’accident mais ça ne m’était jamais arrivé, alors j’avais une confiance totale dans les présos. Je pense que c’est arrivé parce que je n’avais pas mis de gel, je n’en avais pas sous la main et le mec était pressé. Sur le moment j’ai pas pensé que le préso pouvait craquer.

J’ai tout de suite filé aux urgences de l’hôpital le plus proche, l’Hôtel Dieu à Paris. Comme je fais le test régulièrement et que je ne prends pas de risques je savais que j’étais séronégatif.

Arrivé aux urgences l’infirmier qui était à l’accueil a été plutôt désagréable. Mais j’ai été pris en charge rapidement par une infirmière très sympa puis par un jeune médecin aussi très sympa. Comme c’était une rupture de préservatif il a décidé de me faire commencer un traitement immédiatement pour trois jours. J’ai fait un test et j’étais séronégatif, ce qui ne m’a pas surpris. Trois jours après je suis retourné à l’hôpital. J’ai eu un entretien avec une doctoresse sur le traitement, les effets secondaires, l’importance d’aller jusqu’au bout et de suivre les prises régulièrement. Elle était très bien et c’est important cet accueil parce que ça aide psychologiquement pour la prise du traitement. Comme j’avais des nausées elle m’a prescrit un antinauséeux.

Le traitement a été pénible, j’avais constamment des nausées. Les antinauséeux atténuaient les effets juste pendant quelques heures, c’était déjà ça. Heureusement il n’y avait que deux prises, une le matin et une le soir. C’est vraiment important qu’on mette au point une seule prise quotidienne, parce que deux prises de trois cachets deux fois par jour c’est vraiment pénible. Surtout vu la taille des cachets. J’ai eu des nausées tout au long du traitement et c’était dur d’aller travailler avec ces nausées. Heureusement, mon copain m’a soutenu tout au long de cette période. Ce qui me faisait tenir aussi par rapport aux nausées c’était la nourriture, j’avais toujours sur moi quelque chose à bouffer.

Malgré les inconvénients c’est super qu’existe le TPE. Je suis resté séronégatif.

Je suis vraiment pas content sur les messages de prévention sur les présos. On arrête pas de dire que le préso c’est sûr. C’est pas si vrai que ça, la preuve. Sans gel le préso c’est fragile. Je trouve maintenant que ça a un côté escroquerie toutes ces affiches de prévention sur les présos. Un peu d’honnêteté, qu’on mette préso et gel. Je suis sûr qu’il y a plein de gens à qui ça arrive et qui ne pensent pas ou n’osent pas aller faire un TPE, parce qu’ils ne comprennent pas ce qui leur arrive. Ils ont mis un préso et hop, ça marche pas. Le préso seul c’est pas sûr. Sauf que préso plus gel c’est compliqué, il faut du temps et tout avoir sous la main.

Chris



Julien
Du sperme dans l’oeil

C'est à la suite d'un accident de préservatif en 2003 que je me suis retrouvé sous Traitement Post Exposition. Mon partenaire d'une nuit (enfin, quelques heures) en voulant jouir sur moi m'a éjaculé dans l'oeil. J'ai essayé de discuter avec lui pour savoir où est-ce qu'il en était niveau MST mais il n'a pas été clair. De plus, il n'a pas voulu non plus aller à l'hôpital pour faire un test rapide VIH (4 heures). Du coup, c'est un ami qui est venu et qui m'a accompagné aux urgences. Après pas mal d'attente et avoir vu le médecin, j'ai eu un traitement à base de 2 comprimés de Combivir (AZT + 3TC) plus 3 fois 3 comprimés de Viracept (antiprotéase) par jour.

Il y a deux impacts principaux à ce type de traitement qui sont très lourds, l'un physique et l'autre psychologique. D'un point de vue physique, j'ai surtout eu les diarrhées chroniques et un grand manque d'énergie. D'un point de vue psychologique, c'est plus difficile à déterminer avec précision. En effet, il ne s'agit pas d'effets secondaires médicamenteux comme les diarrhées mais plutôt une situation globale résultant de l'état de fatigue, une situation sentimentale dégradée (perte de mon copain de l'époque), la peur lié au VIH, l'observance du traitement, etc. J'ai eu beaucoup de crises d'angoisses accompagnés de pleurs ainsi que de l'insomnie. D'où l'importance d'un entourage qui soit présent pour soutenir. Le traitement a duré un mois suivi d'un test puis un second de vérification au bout de trois mois qui se sont révélés être négatifs.

Depuis cette histoire, j'ai eu deux autres accidents. Un avec une rupture de préservatif, où je suis allé avec le partenaire nocturne à l'hôpital pour faire des tests rapides. Et un « oubli » de préservatif où je ne suis pas allé aux urgences. Je n'y suis pas allé parce que je m'était retrouvé dans une situation proche de la première fois surtout d'un point de vue sentimental où j'avais une histoire qui débutait et que je craignait briser. Finalement, je me suis surtout fait « engueuler » par mon copain de ne pas lui avoir dit plus tôt et de ne pas être allé à l'hôpital.

Julien
On en parle ?
Tu as pris récemment un TPE, tu veux en parler sur le site pour partager ton expérience ? Tu as envie de parler de l’accueil aux urgences, de la difficulté ou la facilité de la prise du traitement, du résultat, des problèmes que cela t’a posé ? Tu peux témoigner en nous envoyant un message que nous publierons. 

Nous écrire

Indiquer en objet du message :
“TPE : j’ai testé”http://www.thewarning.info/contact.phpshapeimage_3_link_0
Et hop !
3 pages rien que sur le TPE
 Rapide, clair et précis
C’est pour qui ?
Où l’obtenir ?
Durée du TPE  

C’est efficace ?
Comment agit-il ?

Comment se passe la consultation ?
Et si on ne me donne pas de TPE ?



Stop ou encore ?
Je suis sous TPE et j’ai envie d’arrêter 
J’en veux encore, c’est grave doc ?
(La suite)

J’ai testé  
Les utilisateurs s’expriment
Jean Etienne
Chris
Julien

Belle Tapiole vous en dit +
Mon mec ne sait pas que j’ai eu un plan cul sans capote. Alors c’est compliqué avec le TPE.
J’habite chez mes parents et ils ne savent pas que je suis homo. Alors en plus le TPE...
(La suite)

Ca remue dans la tête
Et les effets secondaires ?
Interactions avec les drogues récréatives
(La suite)QuiOu.htmlQuiOu.htmlQuiOu.htmlQuiOu.htmlPotionMagique.htmlPotionMagique.htmlPotionMagique.htmlCommentCaSePasse.htmlCommentCaSePasse.htmlCommentCaSePasse.htmlStopOuEncore.htmlPasFacileADire.htmlPasFacileAVivre.htmlshapeimage_4_link_1shapeimage_4_link_2shapeimage_4_link_3shapeimage_4_link_5shapeimage_4_link_6shapeimage_4_link_8shapeimage_4_link_9shapeimage_4_link_10shapeimage_4_link_11shapeimage_4_link_12shapeimage_4_link_13shapeimage_4_link_14shapeimage_4_link_15shapeimage_4_link_16
j’en veux ! Accueil